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Innovation et glisse
08/03/2004



Sur la Côte basque, à deux pas de la technopole Izarbel, le surf est pratiqué depuis près de cinquante ans !
La glisse, ici, est un style de vie pour certains mais aussi un business important. Outre la mode vestimentaire qui génère l’essentiel des emplois, la technologie des équipements y est développée.

Retour sur l’histoire de ces sports et coup d’œil sur la glisse du futur qui s’invente à l’incubateur de l’ESTIA.



C’est en 1957 qu’un Américain de passage importa le surf sur la Côte basque. Ce sport, originaire des Iles Hawaii, débarqua ainsi en Europe. Glisser sur les vagues debout sur une planche est une activité pratiquée depuis toujours en Polynésie mais révélée au monde occidental par le Capitaine Cook en 1778.  
Au 20ème siècle, le surf se généralisa d’abord en Californie et en Australie puis, dans le reste du monde.
Aux lourdes planches en bois des pionniers succèderont, dans les années 50, des planches en mousse de polyuréthane enrobées de tissu de verre et de résine polyester. Puis, les premières combinaisons en néoprène permettront de braver l’eau froide.
Le surf devint à la mode et une industrie spécifique se mis en place dans les nations phares du sport : Hawaii, la Californie et l’Australie.

Technologie et glisse
L’évolution technologique est indissociable de l’histoire des sports de glisse. Les surfers rivaliseront d’ingéniosité pour inventer de nouvelles disciplines. Le skateboard naît dans les années 60 mais devra son succès planétaire, dans les années 70, à l’apport de matériaux modernes. Autre grand succès de cette décennie avec la planche à voile, née aussi de l’imagination de surfers en manque de vagues.

En France, c’est dans les années 80 qu’a démarré l’engouement pour les sports de glisse.
Phénomène de société, la glisse se conjugue depuis sur tous les éléments.
Sur le béton ; avec le skateboard, le roller ou le BMX (petit vélo de figures libres). Sur l’eau, avec le surf, le bodyboard (surf allongé) ou la planche à voile. Sur la neige, avec le surf des neiges appelé snowboard et le ski. Dans les airs, avec le deltaplane, le parapente, le skysurf ou la toute dernière invention, le kitesurf, un sport hybride entre cerf-volant et planche à voile.

L’innovation au service du marché
Si la pérennité du marché repose sur l’efficacité des équipes marketing de ces marques, elle tient aussi à la formidable énergie créatrice des pratiquants. Commnication, nouvelles disciplines, formats de compétitions sans cesse réinventés, la glisse innove.
C’est cette énergie novatrice qui dynamise le secteur et lui permet de s’étendre. Car compter sur le seul effet de mode des vêtements est risqué. Même si les marques développent de nouveaux marchés comme celui des enfants, des femmes ou du textile de montagne, elles restent fidèles à leur image surf, leur fond de commerce, et prennent le risque d’être rattrapées par d’autres phénomènes de mode.
Il faut donc que la pratique sportive liée à cette mode perdure. C’est ce qu’a parfaitement compris Sophie Herrera Cazenave (voir interview) qui a initié le Master « ingénierie des sports de glisse », une formation unique en Europe. Les étudiants y abordent la glisse par le biais de la technologie et de l’innovation.

De l’incubateur aux usines taiwanaises
Le Master Glisse est implanté à l’Ecole Supérieur des Technologies Industrielles Avancées de Bidart (ESTIA) mais l’école accueille d’autres passionnés de glisse.
A l’incubateur, sont nés deux projets. Patrick Pierron y a inventé le flexboard : une planche à roulette révolutionnaire dotée d’un système de direction totalement innovant. « Le chaînon manquant entre le surf des mers et le surf des neiges » imagine son créateur.
Démarré en mai 2002, le projet s’est concrétisé il y a deux mois par la création d’une société baptisée FlexTech. Les échantillons viennent à peine d’arriver et Patrick compte sur la saison d’été à venir pour communiquer vers les passionnés de skateboard tout terrain, un sport qui regrouperait 200 000 pratiquants dans le monde (voir articles du 07/05/2003 et du 01/07/2003).

Autre projet glisse à l’incubateur de l’Estia avec le travail de Thierry Sebba et Baptiste Eyheramendy (voir article du 24/10/2003).
Leur idée ? Un projet de fixation pour skateboard qui permettra, entre autres, aux pratiquants débutants d’exécuter d’avantages de sauts alors que cette technique est réservée aux meilleurs.
Thierry et Baptiste viennent de recevoir une aide financière conséquente de la Communauté d’Agglomération de Bayonne, Anglet et Biarritz. Leur projet est pour l’instant moins abouti que celui de Patrick Pierron mais témoigne tout autant du potentiel d’innovation hébergé à la technopole Izarbel.

En photo :
Arnaud de Rosnay dans les années 60 sur les vagues de la Côte basque. Surfer, inventeur, pionnier, trop tôt disparu en mer dans les années 80, qui d’autre que lui pour symboliser l’innovation dans la glisse ?
Son frère, Joël, Docteur es sciences, ancien directeur de la Prospective de la Cité des Sciences et de l'Industrie de la Vilette (Paris), surfer émérite, est parrain du Master Glisse de l’Estia depuis sa création en 1999.

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